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D'une manière générale, la cybercriminalité
est mal définie. Le concept est vaste, mais si aucune définition
n'existe vraiment, son assimilation à l'ensemble de infractions
commises sur ou grâce à Internet est acquise. Certains se
risquent quand même à donner une définition de la
cybercriminalité : Soluceinfo.com
à ouvert un espace " net juridique " sur son site, où
figure un essai de définition de la cybercriminalité.
La DCPJ
(Direction centrale de la police judiciaire) définit la cybercriminalité,
fournit quelques chiffres et présente le sujet. Environ
2.500 délits liés à l'Internet ont ainsi été
recensés en 1999 en France par la direction centrale de la police
judiciaire. Le préjudice global est estimé à plusieurs
dizaines de millions de francs. Cependant ces chiffres ne donnent qu'une
petite idée du problème.
La cybercriminalité
reste en outre un phénomène relativement discret :
de multiples affaires d'intrusion dans les systèmes informatiques
restent dans l'ombre, les entreprises ne souhaitant pas s'attirer une
mauvaise publicité. Par ailleurs, dans la plupart des cas sociétés
et particuliers ne parviennent même pas à détecter
les attaques dont ils sont victimes.
Lorsqu'on parle de
la criminalité informatique, il est possible de distinguer deux
situations, selon que le support informatique soit un moyen de délit
ou la cible elle-même.
1. L'informatique
est utilisée comme moyen de commettre des délits
classiques
Le blanchiment
d'argent et les utilisations frauduleuses de cartes bancaires pour
le commerce électronique, par la multiplication des transactions
électroniques: En
France, elles constituent la grande majorité des cyberdélits
recensés par la direction centrale de la police judiciaire (2287
en 1999, le chiffre étant en progression exponentielle).
Ces délits consistent
à utiliser frauduleusement des numéros de cartes bancaires
pour payer des produits en ligne ou la connexion à des serveurs
pornographiques. Tous
les contenus illicites sur le Web, et notamment le marché
de la pornographie et le nouveau fléau, la
pédophilie : En
1999 en France ont été recensées 39 affaires touchant
à la pédophilie ou aux mœurs, et 60 relevant de la diffamation,
de la haine raciale et des menaces. Ce
sont également les forums de discussion concernant les sites
de diffamation, de menaces, ou encore l'incitation à la haine raciale.
Mais la répression est particulièrement difficile dans la
mesure où la plupart des sites concernés sont hébergés
à l'étranger. La
diffusion d'œuvres protégées par le droit de la propriété
intellectuelle, et donc la contrefaçon et le marché
de copies illicites dans le domaine de la musique, de la vidéo
et des logiciels. Les
nouvelles formes d'escroquerie : comme la création
de numéros de carte bancaire parfaitement valides mais qui ne correspondent
à aucun compte, la proposition de prestations inexistantes contre
un paiement à l'avance, l'écoulement des objets volés
par l'intermédiaire des ventes aux enchères en ligne, les
casinos virtuels, etc
Le " cyber-hold-up "
ou détournement de fonds : Il
s'agit de l'intrusion dans un système protégé d'une
banque et de verser l'argent sur son compte en brouillant les pistes.
Grâce à
des logiciels spéciaux, des internautes modifient les données
comptables stockées dans des ordinateurs afin de créditer
leur propre compte bancaire. Le
piratage
de sites Web : Le
contenu des pages est modifié à distance.
Ce procédé
est utilisé notamment dans l'action politique (mouvements pro-indépendance
en particulier) ou dans les campagnes contre les industriels. Mais les
propriétaires des sites ont vite fait de rétablir l'ordre.
Les " cyber-écoutes "
consistent en : L'interception
des e-mails sur les réseaux de télécom ou chez les
prestataires d'accès, captage du rayonnement électromagnétique
émis par les systèmes informatiques.
Ces techniques sont
surtout utilisées par les services secrets. l'Internet
permet aussi de diffuser des méthodes permettant la réalisation
des crimes (recettes de fabrication d'explosifs, des trucs et astuces
pour frauder, des conseils pour ouvrir les portes…).
2. L'informatique
est elle-même la cible de la criminalité
Ce sont les faux et
usages de faux en informatique : s'introduire dans un système
informatique, de modifier ou effacer des données, qui sont stockées :
Les intrusions dans
les systèmes informatiques regroupent une palette des délits
est large : accès illégaux, vols de données,
destructions des fichiers. Les
outils utilisés peuvent être des virus simples (qui contaminent
de proche en proche les fichiers d'un seul ordinateur) ou des virus-vers
qui sautent de machine en machine en utilisant les failles de logiciels
de courrier électronique (affaire " Melissa " en 1999
et " I Love You " en 2000).
Parmi les programmes
dits " malveillants ", on compte aussi les " chevaux de
Troie ", grâce auxquels des internautes peuvent prendre le
contrôle d'ordinateur à distance. Les
attaques par saturation sont des bombardements de sites Web par
de fausses requêtes, qui aboutissent au blocage de ces sites :
Les requêtes
proviennent non pas de l'ordinateur du pirate, mais de nombreuses machines
" innocentes " dont le pirate a pris le contrôle avec
des logiciels ad hoc.
En 1998, des zapatistes
ont de cette façon attaqué le site du Pentagone en utilisant
des ordinateurs de la bourse de Francfort. Plus récemment, en février
2000, les serveurs de plusieurs grands noms de la Net économie
(Amazon, e-Trade, etc.) ont été paralysés pendant
plusieurs heures.
La communauté
Internet lance volontiers des attaques par saturation très ciblée
contre des sites contrevenant aux grands principes de réseau.
La fraude informatique :
modifier les données informatiques dans l'intention de se procurer
pour son propre compte ou pour le compte d'autrui un avantage matériel,
Le sabotage :
toute manipulation de données effectuée dans le but de nuire :
C'est le cas notamment
du cyber-chantage : certaines entreprises et même des
gouvernements sont les victimes de maîtres chanteurs qui menacent
d'activer des " bombes logiques " capables de paralyser
des systèmes informatique.
Les bombes logiques
sont des programmes capables de paralyser de systèmes informatiques
sur simple ordre de leur " maître ".
Les antagonistes dans
ces affaires restent en général très discrets, ce
qui explique qu'elles soient très mal connues. Le
" hacking " :
est le fait d'accéder de manière illicite à un système
informatique ou de s'y maintenir.
3. La typologie
américaine
Ces " cyber-attaques "
sont prises très au sérieux par les gouvernements et sévèrement
punis. Aux Etats-Unis, on les divise en trois catégories :
les menaces non
structurées : les " insiders " et les " hackers "
(" recreationnals " or " institutionnals "),
les menaces structurées :
le crime organisé, les activités d'espionnage industriel,
et le terrorisme,
les menaces représentées
par les menées des autres Etats : domaine quasi exclusif
des services secrets. Le
Pentagone a enregistré au cours de l'année 2000 une hausse
de 5% des attaques informatiques contre ses serveurs. Selon un chiffre
avancé par Robert West, adjoint au Commandant du Joint Task Force
for Computer Network Defense (JTF-CND), le département de la Défense
a essuyé près de 24.000 tentatives d'intrusion depuis janvier
2000.
Le Plan National
pour la Protection des Systèmes d'Information, rendu public
par le gouvernement américain vise à mettre en place à
l'horizon 2003 un vaste projet de surveillance globale des communications
sur l'Internet, et prévoit notamment la création d'un Réseau
Fédéral de Détection d'Intrusions (FIDNET)
dépendant du Bureau Fédéral d'Investigations (FBI)
et chargé de surveiller les réseaux des agences gouvernementales
civiles américaines.
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